Halifax m’a rapidement semblé bien différente de ses consœurs de l’Atlantique. Ici, un jeune punk fait la manche. Là, une ado percée et tatouée chante en espérant recueillir quelques deniers.
« C’est vrai que nous n’avons vu personne quêter depuis un bon moment », observe Joseph quand je lui fais part de mes impressions.
Repus après un excellent repas chez Chives, rue Barrington, qui se définit comme un « canadian bistro », nous sommes partis à la découverte de la ville. Arrivés en train deux heures plus tôt, nous voulons profiter des derniers rayons du soleil. Après avoir descendu quelques collines, voilà que nous montons, montons… Quelques semaines ici et nous aurions des mollets d’acier! La musique du Festival de jazz nous entraîne tout doucement en plein cœur du centre-ville, là où nous venons d’apercevoir nos premiers jeunes de la rue depuis près de trois semaines.
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Nous sommes surpris de constater le nombre de restaurants (toutes cuisines confondues) et de boutiques. « Halifax forme le plus grand centre urbain des provinces maritimes, me confirme plus tard Fabuleuses maritimes, publié chez Ulysse. Son agglomération, incluant sa ville jumelle de Darmouth, totalise plus de 370 000 habitants. Plus qu’ailleurs dans les Maritimes, la métropole présente un visage diversifié, même cosmopolite, et possède de superbes musées et d’autres centres d’intérêt ». Il nous plaît tout de suite, ce visage, même (surtout?) avec ses imperfections.
Le lendemain, la pluie freine nos ardeurs d’explorateurs. Après nous être réfugiés sous un arbre du magnifique jardin victorien Public Gardens, nous courons jusqu’à un petit centre commercial où j’engloutis rapidement quelques dizaines de dollars (ben quoi, il y avait des soldes!). Puis, nous retournons profiter de la quiétude de notre chambre du Cambridge Suites Hotel (idéal en famille).
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Qui est Peggy? se demande-t-on sur la route qui mène au petit village de pêcheur baptisé Peggy’s Cove. « On raconte que lors d’un naufrage, une petite fille aurait été recueillie par les pêcheurs du village, nous explique le guide qui nous emmène là-bas. Le seul mot qu’elle répétait était "Margaret", dont le diminutif est Peggy. Ses sauveteurs ont donc commencé à l’appeler ainsi. Puis, curieux, les gens du voisinage se sont mis à venir voir l’enfant. De fil en aiguille, le village a pris le nom de la jeune rescapée ». Notons que la baie qui borde le Peggy’s Cove s’appelle St. Margarets.
Plus nous approchons de l’anse, plus le brouillard se fait épais, entourant les lieux d’une aura de mystère. Un phare se dresse à l’horizon. Tout autour, des touristes s’agitent. Clic par ci. Clic par là. Impossible de résister à la fougue des vagues, qui viennent frapper violemment les rochers. Chacun veut immortaliser son passage à Peggy’s Point et nous n’échappons pas à la règle!
À quelques pas de là, c’est le calme plat. La saison de homard étant terminée, les pêcheurs ont déserté les lieux, laissant leur attirail sur les berges (à moins qu’il ne soit « exposé » là exprès pour les touristes?) au plus grand plaisir des photographes amateurs. Près des hangars construits sur pilotis, des trappes à homards, des ancres, des barques et des cordes nous donnent l’impression que le temps s’est figé à Peggy’s Cove. Modestes, les maisons se fondent à cet univers empreint de poésie. Je ne sais pas si c’est à cause du brouillard, mais j’ai eu l’impression, un bref instant, que Peggy’s Cove n’était pas tout à fait réel.
C’est la tête pleine d’images que nous filons à l’aéroport. Nous n’aurons pas eu le temps d’aller à l’île du Cap-Breton, dont tout le monde nous a vanté la beauté, mais ce n’est que partie remise. Cette fois, Air Canada nous emmène à St. John's, Terre-Neuve… Plus que deux jours avant de rentrer au Québec!
La Nouvelle-Écosse en famille
Les +
• Plusieurs activités pour tous
• De bonnes tables
• Des panoramas magnifiques
Les –
• Les nombreuses collines peuvent parfois être éprouvantes pour de jeunes enfants ou des personnes âgées
Saviez-vous que…
…ce sont des navires d’Halifax qui ont été appelés à la rescousse lors du naufrage du Titanic le 14 avril 1912? Ce sont eux qui ont ramené les corps des victimes. Cent cinquante d’entre elles ont été inhumées dans les cimetières de la métropole.
…une méga-explosion causée par la collision d’un navire français chargé d’explosifs (le Mont Blanc) et d’un vaisseau belge (l’Imo) a tué 2000 personnes en décembre 1917? Des milliers d’autres ont été blessées et une partie de la ville, complètement ravagée.
…Halifax a servi de château fort aux troupes britanniques pendant la guerre de l’Indépendance américaine et la guerre de 1812 contre les États-Unis? Construite de 1828 à 1856, la Citadelle (www.pc.gc.ca) en forme d’étoile témoigne du passé militaire de la ville. En plus de permettre de réviser une partie de l’histoire du pays, l’endroit offre une vue imprenable sur les environs.
…au milieu du XIXe siècle, environ 400 Noirs formaient à Halifax une communauté surnommée « Africville »? De 1840 à 1969, ces immigrants, qui avaient fui l’esclavagisme américain, ont dû se regrouper pour faire face à la ségrégation et à la pauvreté. C’était l’un des bidonvilles les plus insalubres du Canada. Le gouvernement a attendu juillet 2002 pour exprimer ses regrets quant à l’expropriation des résidents, qu’on avait cavalièrement chassés en 1963 avec 500 $ de compensation. Une plaque commémorative souligne l’importance d’Africville dans l’histoire.
… que le Bluenose II, réplique du plus célèbre bateau à avoir navigué en eaux canadiennes (oui, celui qu’on voit sur les pièces de 10 cents), de 1921 à 1946, est souvent amarré au port d’Halifax pendant l’été? On peut même faire des croisières à son bord!
…c’est au large de Peggy’s Cove que s’est écrasé le vol 111 de Swissair le 2 septembre 1998?
…un peintre et sculpteur, William E. deGarthe, a travaillé de nombreuses années à immortaliser une scène de pêche dans un rocher de granite? Même si l’artiste a rendu l’âme avant de pouvoir terminer son œuvre, il est possible d’admirer ses 32 pêcheurs accompagnés de leurs épouses et de leurs enfants enveloppés par les ailes d’un ange devant le musée qui lui est consacré.
…le Tattoo royal international de la Nouvelle-Écosse (www.nstattoo.ca), qui se tient à Halifax, réunit plus de 2000 joueurs de cornemuses et de tambours ainsi que des danseurs écossais?
…le festival international des couleurs celtiques (www.celtic-colours.com) de Sydney, à l’île du Cap-Breton est consacré à la culture celtique?
…un trésor serait toujours caché sur la mystérieuse île Oak? Légende ou réalité? Chose certaine, il n’a pas encore été découvert!
Info :
Site officiel du tourisme de la Nouvelle-Écosse : www.nouvelle-ecosse.com
Destination Nova Scotia : www.destination-ns.com
Halifax : www.explore.canada.travel
Chives : www.chives.ca
Atlantic Jazz Festival : www.jazzeast.com
Cambridge Suites Hotel Halifax : www.cambridgesuiteshalifax.com
Merci à Air Canada (www.aircanada.ca), à la Commission canadienne du tourisme (www.canada.travel) et à Tourisme Nouvelle-Écosse, grâce à qui ce voyage a été rendu possible.