Reportages

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La dolce vita à l’Île-du-Prince-Édouard

Par  Marie-Julie Gagnon

C’est dans les eaux glaciales de la plage de Cavendish que Maya, 20 mois, a prononcé son premier sacre. Un gros mot de trois syllabes qu’elle venait d’entendre de la bouche de son père, saisi par le froid de l’océan Atlantique. Malgré la température de l’eau (14 petits degrés lors de notre visite), tous deux reviennent enchantés de leur baignade éclair.
 
Pendant ce temps, j’écoute les conversations des gens sur la plage (magnifique, précisons-le). Une ado invite ses amis à venir la rejoindre plus tard pour un barbecue. « Il y aura des hot-dogs et des crevettes », lance-t-elle le plus naturellement du monde. Des crevettes? Pas de doute, on est bel et bien au bord de la mer…
 
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C’est le rouge qui surprend d’abord. Résultat de l’accumulation de grains de sable solidifiés puis transformés en couche de roche sédimentaire (le grès) et du fer qu’il contient (merci 275-allô! www.radio-canada.ca/Jeunesse/275allo/boite_reponses/reponses.asp?no_them...), le sol de l’Île-du-Prince-Édouard a la couleur de la rouille, causée par l’oxydation du fer au contact de l’oxygène. Peut-être est-ce à cause de la « présence » d’Anne Shirley dans les parages, mais je crois plutôt que la plus petite province du Canada est une grande timide. Depuis des milliers d’années, les Micmacs soulignent sa beauté. Ils l’ont même rebaptisée « Abegweit », c’est-à-dire « berceau dans les vagues ». En 1534, Jacques Cartier n’a quant à lui pas hésité à la décrire comme étant « le plus beau coin de pays imaginable », rappelle le guide Fabuleuses Maritimes, publié aux éditions Ulysse en 2007. Depuis, les visiteurs qui la redécouvrent s’extasient devant ses plages, ses mignons ports de pêche et la pureté de ses traits. Comment ne pas rougir devant tant de compliments?
 
Ne l’oublions pas : l’Île-du-Prince-Édouard, c’est plus que le lieu de naissance de Lucy Maud Montgomery et le décor des aventures de son héroïne aux nattes rousses (bien que tous les lieux rattachés à la romancière et à son héroïne vaillent le détour). L’île se dévoile tout doucement, au rythme des balades et des arrêts, ici et là, pour mieux imprimer le paysage dans nos mémoires. Pas étonnant que de nombreux artistes s’inspirent de ses panoramas.
 
Avec leurs pièges à homards d’antan et leurs cabanes aux couleurs vives, les pittoresques villages de pêcheurs me séduisent particulièrement. La mer qui lèche le sable rouge, le vert pur des vallons et la gentillesse des gens m’assènent le coup final. Je suis sous le charme. Joseph aussi : à peine deux jours après notre arrivée, il s’amuse à repérer les maisons en vente!
 
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Charlottetown. Avec ses nombreuses terrasses, ses espaces verts et ses boutiques variées, la capitale m’apparaît tout aussi idyllique que la campagne. Les piétons et les cyclistes peuvent parcourir 56 kilomètres autour de la ville. Le parc Victoria est bordé d’un trottoir de bois, permettant de faire de longues promenades au bord de l’eau. Peakes Warf, près du port, recèle de petites boutiques sympas.
 
Je m’offre une crème glacée double chocolat chez Cows, sacrée meilleure crèmerie au Canada par Reader’s Digest (ç’aurait été par le Bulletin des agriculteurs que je ne me serais pas fait davantage prier). Je flâne un peu dans les rues animées et me dit qu’elle semble bien douce la vie à l’Î.-P.-É. (et que la crème glacée est divine).
 
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Pendant que Maya fait la sieste, Grant MacRae, notre gentil guide-chauffeur-encyclopédie-entertainer (officiellement chargé de projet au bureau de tourisme) et moi (Joseph reste sagement avec Maya), goûtons le vin Isle Saint Jean rouge, au premier vignoble de l’île, Rossignol, situé à Little Sands (à 70 km de Charlottetown et 10 km du traversier). Autour du domaine, des moutons broutent allègrement. Au loin, nous apercevons le détroit de Northumberland. Le décor est tout aussi délicieux que le contenu de nos coupes. J’achète une bouteille pour mon père et me dépêche de la poster pour ne pas être soumise à la tentation. Nous n’aurons pas le temps d’en voir plus, mais notez qu’il est possible de visiter les lieux avec un guide sur réservation.
 
Pour clore notre séjour, Grant nous emmène chez Fisherman’s Wharf, à Cavendish, pour déguster le « World Famous Lobster Supper », comme nous pouvons le lire sur nos napperons. Ce sera le premier d’une looongue série de repas de homard dans les Maritimes.
 
P. S. : Il n’y a pas d’ours à l’Île-du-Prince-Édouard…
 
L’Île-du-Prince-Édouard en famille
Les +

  • Des activités pour tous les goûts
  • L’esprit relax
  • Les fruits de mer, particulièrement le homard et les huîtres
  • Les couleurs, tant celles de la nature que des bâtiments

Les -

  • L’absence de transport en commun
  • L’eau de la mer est très froide

 
Saviez-vous que…
…l’Île-du-Prince-Édouard a son musée de la patate (www.peipotatomuseum.com)?
…l’île doit son nom au fils du roi Georges III, le prince Édouard? De 1534 à 1758, elle a porté le nom d’« île Saint-Jean ».
…le golf gagne en popularité dans l’île depuis une quinzaine d’années? De nombreux forfaits sont disponibles. Selon le Réseau de tourisme de l’UQAM, l’impact économique du golf à l’Î.-P.-É. se chiffre à 85 millions $CAN.
…en 1900, à l’Exposition universelle de Paris, les huîtres de Malpeque de l’Île-du-Prince-Édouard ont reçu le titre de meilleures huîtres du monde? En plus de l’engouement monstre provoqué par cette annonce, une maladie a fait son apparition en 1913 et tué près de 90 % des stocks. Aujourd’hui, elles ont repris du poil de la bête… au grand plaisir des amateurs de fruits de mer!
…l’île constitue 0,1 % de la superficie terrestre totale du Canada? Seuls 44,8 % des gens y vivent en milieu urbain.
…l’île possède de nombreux terrains de camping?
…c’est à Charlottetown, en 1864, que les délégués des colonies britanniques d’Amérique du Nord se sont rassemblés pour parler de la création du Dominion du Canada?
…la pomme de terre constitue la première activité commerciale de l’île? Selon PEI Potato board, (www.peipotato.orgpommes de terre pour une clientèle mondiale depuis 1790.), on cultive sur l’île des
…le surnom de la province est Spud Island (« l’île aux patates ») en anglais ?
…qu’il existe deux parcs d’attractions à Cavendish, Sandspit Cavendish Beach (www.sandspit.com – plus grands parcs de l’Île-du-Prince-Édouard) et Shining Waters (www.shiningwaterspei.com)?
 
Pour plus d’information
Site officiel de l’Île-du-Prince-Édouard : www.gentleisland.com
Parc du Canada de l’Île-du-Prince-Édouard : http://www.pc.gc.ca/pn-np/pe/pei-ipe/index_f.asp
Charlottetown : www.city.charlottetown.pe.ca
Rossignol Winery : www.rossignolwinery.com
 
 
Merci à Air Canada, à la Commission canadienne du tourisme, à Tourism PEI (particulièrement Grant MacRae) et à Julie Gagnon de The Montreal Office, grâce à qui ce voyage a été rendu possible.

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Prince Edward Island, Credit - Mandatory Tourism PEI/John Sylvester - Image de fond