James Morris est propriétaire d’un gîte touristique. Oui, bon, techniquement, c’est un gîte, mais en fait, rayon look, on se croirait davantage dans une maison aménagée comme un loft vraiment cool, au cœur d’une ville nord-américaine qui attire depuis des années les amateurs de théâtre. Sans compter que M. Morris est passé maître dans l’art de l’hospitalité. J’ai discuté avec lui dans le salon de sa plus récente création, le Rundles-Morris House – un gîte touristique exquis dans le non moins délicieux hameau de Stratford, en Ontario, à mi-chemin entre Toronto et Détroit, au Michigan (États-Unis).
Comme le légendaire Stratford Shakespeare Festival, la vision de Morris a entraîné l’ouverture à Stratford d’établissements inimaginables dans d’autres villes rurales (je sais de quoi je parle, j’ai grandi dans l’une d’elles) : le Rundis, restaurant exceptionnel, la Stratford Chefs School, une école de cuisine de renommée internationale (présentée sur la chaîne Food Network Canada), et plus récemment, le gîte luxueux qu’il a humblement baptisé de son nom!
Cet espace entre un immeuble résidentiel de plusieurs étages et un mur de béton mitoyen avec le restaurant Rundles semble à peine assez grand pour contenir les rêves de M. Morris. Toutefois, l’immeuble de béton archibranché se marie parfaitement au paysage. C’est la firme d’architectes en vogue Shim-Sutcliffe de Toronto qui l’a conçu. Aujourd’hui, la Rundles-Morris House accueille des groupes de quatre personnes – idéalement deux couples voyageant ensemble – dans un décor flamboyant composé de meubles contemporains, créations de Frank Gehry, Le Corbusier et autres célèbres architectes ainsi que des peintures signées par l’artiste canadien Richard Roblin. C’est une structure toute de bois et de lumière mariant à ravir le cèdre et le Douglas taxifolié, le tout s’articulant autour d’une gigantesque tabatière. Ce n’est pas tout : des fenêtres s’ouvrant sur la rivière et des paysages fabuleux font entrer davantage de lumière, qui dessine à grands traits une œuvre de maître dans le salon et les chambres à coucher principales.
Richard Maloney, partenaire de Morris, beau jeune homme diplômé de la Stratford Chefs School qui continue de fouler la planète, histoire de perfectionner son art de la pâtisserie, s’occupe des réservations et se faufile discrètement dans le gîte au petit matin pour concocter des petits-déjeuners à se damner!
Ce que j’aime également, à Stratford :
- Un million de trucs, mais le sandwich mennonite estival à la saucisse de Susie Palach de la York Street Kitchen m’a propulsé dans mes souvenirs jusque dans la cuisine de ma grand-mère (www.yorkstreetkitchen.com).
- La carte sublime de Bijou – tenu par des dîplomés de la Stratford Chefs School – rivalise avec celle du restaurant de Morris à moindre coût (faites attention à ce que vous enseignez aux jeunes!) www.bijourestaurant.com.
Rundles-Morris House : www.rundlesrestaurant.com/MorrisHouse.htm (la maison est zébrée d’escaliers; point d’ascenseur à l’horizon).
Stratford Shakespeare Festival : j’y suis allé souvent et je ne suis jamais tombé sur un mauvais spectacle. On peut y applaudir les Christopher Plummer et autres acteurs de la même trempe. Sans compter que les comédies musicales qu’on y présente sont parfois meilleures que celles de Broadway (oups, c’est dit!). www.stratfordfestival.ca.