Je ne suis pas une victime de la mode, mais je le confesse, j’ai un faible pour les chaussures. Plus précisément, les bottes d’hiver : je porte des Sorel, des Scarpa et des Salomon presque six mois par année! Manolo Blahnik? Pas pour moi, merci!
Lorsqu’il est question de pieds, j’ai du mal à résister à certaines tentations. Empeignes en cuir. Garnitures perlées. Fixations nordiques. Doublures en feutre de laine. Mon cœur bat la chamade à la simple mention de chaussures conçues pour la froide saison qui me font, du coup, rêver aux plaisirs de l'hiver. Je me rassure en me disant que je ne suis pas la seule à me livrer aux excès de l’arrière-saison. Par habitant, les foyers canadiens possèdent davantage de paires de bottes que n’importe quelle autre maisonnée dans le monde. Peu importe le coin de pays où vous vous trouvez, chaque région propose sa propre interprétation du confort hivernal des orteils.
Si vous avez choisi pour destination le 60e parallèle nord, par exemple, sachez qu’il n’y a rien de tel pour observer les aurores boréales par -30 °C que des bottes de style traditionnel, comme les mukluks (kamik en langue inuite). Les mukluks canadiennes authentiques sont un choix des plus tendance – aujourd’hui, les vedettes d'Hollywood sont gagas de ces bottes enjolivées de perles et ourlées de fourrure, inspirées des Autochtones canadiens. Pour un effet plus conventionnel, l’incontournable Sorel ne déçoit jamais, tandis que l’Acton Chimo, avec son look militaire, est populaire auprès des adeptes d’expéditions extrêmes.
Les grosses bottes, c’est parfait pour une partie de pêche sur la glace ou pour assister à un match de hockey sur étang, mais je préfère un peu plus d’action. Que serait l’hiver canadien sans les patins de hockey ou de fantaisie, les raquettes et les bottes de ski? De la patinoire du Canal Rideau, en Ontario, aux pentes des Rocheuses (Alberta et Colombie-Britannique), le patin et le ski sont inscrits dans nos gènes. Le long des côtes, à perte de vue, là où les précipitations hivernales riment souvent avec averses de pluie, les bonnes vieilles bottes de caoutchouc sont indispensables pour observer les tempêtes ou se lancer à la chasse aux antiquités.
En admettant que les chaussures d’hiver soient mon talon d’Achille (sans jeu de mots podiatrique), je me trouve en fort bonne compagnie. Après tout, les athlètes d’élite qui participeront aux Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2010 à Vancouver, en Colombie-Britannique, auront aux pieds des bottes à me faire pâlir d’envie. À Toronto, en Ontario, le Musée Bata de la chaussure a même organisé une exposition sur les chaussures de sport d’hiver à la fine pointe, dont plusieurs paires ont déjà remporté des médailles d’or! (Apprenez-en davantage sur le Bata Shoe Museum).